10 juillet 2024
Actualité
- Asthme Sévère
Peut-on parler de rémission dans l'asthme sévère ? Comment définir la rémission clinique d'un asthmatique sévère ? Des questions qui ne font pas l'unanimité chez les "asthmologues" et qui méritent réflexion.
🔹 Etude DELPHI Sanofi
Une étude DELPHI soutenue par Sanofi et impliquant des investigateurs du réseau CRISALIS a tenté de mettre en lumière des critères consensus. La rémission dans l'asthme sévère, ainsi définie, peut être appréhendée comme un objectif à atteindre et comme une méthode d'évaluation des biothérapies.
> En résumé
Six critères ont été définis : il doivent tous être remplis sur une période de 12 mois et peuvent s’appliquer aux patients recevant un traitement par anticorps monoclonaux (traitement biologique) pour l’asthme :
- Pas d’exacerbation nécessitant une visite chez le médecin, des soins d’urgence, une hospitalisation et/ou le recours à des corticoïdes systémiques pour l’asthme (forme orale ou injectable).
- Pas d’absence au travail ou à l’école sur une période de 12 mois en raison de symptômes d’asthme.
- Fonction respiratoire stable et optimisée, mesurée en toute occasion, sur une période de 12 mois, avec ≥ 2 mesures durant cette période.
- Utilisation continue des traitements de fond (par exemple, corticoïdes inhalés, corticoïdes inhalés/agonistes des récepteurs β2 de longue durée d’action, antagonistes des récepteurs aux leucotriènes) uniquement à faible ou moyenne dose de corticoïde inhalé, tel que défini par les directives du GINA les plus récentes.
- ACT > 20, AirQ < 2, ACQ < 0,75 ou tout autre instrument validé, mesurés à toutes les occasions au cours des 12 mois précédents, avec ≥ 2 mesures durant cette période.
- Symptômes nécessitant un traitement de secours (β2-mimétique à courte durée d’action, corticoïde inhalé + β2-mimétique inhalé à courte durée d’action, corticoïde inhalé + β2-agoniste à longue durée d’action): pas plus de 1 fois par mois.
> Article complet
La gazette de l’asthme sévère : Focus Rémission par Sanofi Campus et La Lettre du Pneumologue, d'après les propos du Pr Laurent Guilleminault et du Pr Gilles Devouassoux (co-coordonnateurs du réseau CRISALIS)
🔹 Revue des Maladies Respiratoires
Le sujet a aussi fait l'objet d'un article dans la Revue des Maladies Respiratoires (édition juin 2024).
> En résumé
- Biothérapies et rémission dans l’asthme sévère, en pratique ça donne quoi ?
Le terme de patients "super répondeurs" aux biothérapies à émergé, mais il n'existe pas de critères de définition consensuels, d'autant plus que l'évaluation de la rémission varie selon les biothérapies et selon la durée de traitement.
L'absence d'exacerbation, l'absence de corticothérapie orale, l'amélioration du contrôle de l'asthme (score ACT, ACQ), et dans une moindre mesure l'amélioration de la fonction respiratoire (VEMS), le tout après 12 mois de traitement, sont les critères les plus utilisés pour évaluer la rémission.
- Bien respirer, un critère qui compte ?
- Nécessité d'une bonne prise en charge de la dyspnée, dont une prise en charge non pharmacologique (réadaptation respiratoire)
- La fonction respiratoire des asthmatiques diminuant progressivement avec le temps, un autre objectif est l'optimisation de la fonction respiratoire
- Rémission c’est bien beau mais on en fait quoi ?
→ Peut-on s’en servir pour se fixer des objectifs ?
→ Peut-on s’en servir pour définir un échec de biothérapies ?
→ Peut-on s’en servir pour arrêter une biothérapie ?
→ Peut-on s’en servir pour diminuer ou arrêter les corticostéroïdes inhalés ?
Des éléments de réponse existent dans la littérature, mais ces questions restent pour le moment ouvertes !
> Article complet
Rémission dans l’asthme sévère : du rêve à la pratique [accès restreint] par M. Gueçamburu (CHU Bordeaux), d'après les communications de G. Devouassoux (CRISALIS Lyon), C. Tchérakian (CRISALIS Foch) et L. Guilleminault (CRISALIS Toulouse)
